ARBORETUMUL SIMERIA

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HISTORIQUE

ing. Flaviu POPESCU; dr.ing.Stelian RADU, ing. Corina COANDA

L'arboretum de Simeria, d'une surface de 70 ha, est situé dans la plaine alluviale (formée sur des alluvions sableux du quaternaire) et sur la terrasse secondaire de la Muresh, à 200m d'altitude, dans une zone relativement abritée par les montagnes alentour. Le climat subocéanique de cette région, caracterisé par une température moyenne de 10 degrés, des précipitations moyennes de 580 mm et une humidité relativement élevée de l'air, permet le développement d'une végétation plurispécifique favorable à l'édification d'un parc botanique.
C'est au début du 18è siècle que commence à se dessiner, sur la rive gauche de la Muresh, un site considéré aujourd'hui par les plus grands spécialistes comme un "Monument dans l'art des Parcs", possédant la plus vieille et la plus riche collection d'arbres exotiques : l'Arboretum de Simeria.
Il fut créé par l'aménagement de la plaine ripisylve de la Muresh en forêt d'agrément évoluant, avec le temps, en parc forestier privé. La végétation naturelle du parc est formée par la végétation ripicole (Populus alba, Populus nigra, Salix alba), la Chênaie (Quercus robur) et la Ormaie qui a malheureusement fortement régressée à cause de la graphiose desséchant les arbres.
L'introduction d'essences exotiques a commencé au milieu de 18è siècle: un document datant de 1763 (le plus ancien certificat du parc) évoque une allée plantée d'Aesculus hippocastanum (Marronier d'Inde) et de Robinia pseudoacacia. Les familles de propriétaires qui se succédèrent pendant les deux siècles suivants (Gyulay Kun, Fay et Ocskay) poursuivirent, à leur rythme, cette introduction.
A l'époque de la révolution de 1848, le parc, et notamment ses bâtiments, subissent un grand nombre de dommages. Les premières mesures de réhabilitation furent entreprises entre 1870 et 1880. C'est également à cette époque que commencèrent les échanges de graines avec l'étranger.
En 1949, le parc fut pris en charge par l'administration sylvicole de l'Etat. A cette époque, il comptait environ 250 taxons menacés d'etre défrichés par la distribution des parcelles aux habitants.
En 1952, le parc est déclaré "espace de recherche sylvicole".
En 1954, est créée la station de recherche et d'expérimentations sylvicoles de Simeria.

Elle prend alors des mesures soutenues pour l'amélioration et le développement de l'Arboretum:
- préservation et amélioration du paysage,
- enrichissement de la collection dendrologique,
- extension des pépinieres,
- des plantations expérimentales d'espèces à vocation forestière,
- amplification des travaux d'introduction et de sélection…
afin d'obtenir des ressources importantes pour les besoins de l'Arboretum, comme pour ceux d'autres parcs et jardins.
L'Arboretum et la station de recherche deviennent alors Parc Dendrologique et reçoivent, dans le même temps, le nom de "Monument de la Nature".
L'ensemble du paysage, le style architectural et la richesse dûe à l'âge et la diversité des taxons sont la preuve de la constante préoccupation des anciens propriétaires à introduire des espèces exotiques et à maintenir une architecture paysagère harmonieuse. Il convient de souligner également le rôle déterminant de l'Institut de recherches sylvicoles (ICAS), du professeur Ion Popescu-Zeletin et ing. Aurel Hulea qui, dans la trouble période des "étatisations", ont évité la destruction du parc en assumant la lourde responsabilité de ce sanctuaire végétal.
Les travaux permanents d'introduction d'espèces nouvelles et les échanges avec des institutions similaires internationales depuis 1955, ont permis de passer de 560 taxons cultivés en 1963 à plus de 2000 dendrotaxons; et ce, en dépit des pertes liées aux éléments naturels (inondations, tempêtes, maladies cryptogamiques…).
L'importance dendrologique, forestière, paysagère, didactique et récréative de ce site du patrimoine national - et même international - a souvent été confirmé par les écrits d'un grand nombre de savants du monde entier ayant visité ce parc au cours des 5 dernières décennies. Ainsi, Giurescu, en 1997 écrivait: "Considéré comme le plus ancien centre forestier et d'acclimatation du pays, la réserve dendrologique de Simeria contribue de façon efficace à la conservation in situ et ex situ des ressources génétiques pour de nombreuses espèces lignicoles, indigènes ou exotiques."
Aménagé et maintenu scrupuleusement dans son style paysager initial (anglais ou romantique), caractéristique de sa période de création, le parc de Simeria est considéré a juste titre comme "un vrai monument dans l'art des parcs" (Korjev, 1956).
Pourtant, le visiteur non informé ne peut se douter du nombre et de l'intensité des épreuves écologiques qu'a traversé la végétation du parc durant la dernière moitié du vingtième siècle: les inondations de 1970, 1974 et 1975 ; les neiges molles de 1958 ; les violentes tempêtes de 1960, 1974 et 1975 ; les sécheresse prolongées de 1946-1947, 1950 et de 1986 a 1990 ; les gels extrêmes de 1963 et 1985 (-31.6°C) et le dessèchement de la ormaie dû à la graphiose qui, à partir de 1959, a pratiquement décimé la formation spécifique de la partie centrale du parc.
Une volonté hors du commun et une passion sylvicole réelle du collectif réduit de la station, dont les tâches principales sont la recherche et la production de plants en pépinière pour la survie économique et la pérennite du parc, ont abouti à la cicatrisation de ces blessures profondes afin de présenter aujourd'hui un environnement stable et attractif.
Durant les 48 ans d'existence de la station, la vente de plants ornementaux produits dans les pépinières ainsi que le nombre de visiteurs et d'excursions pédagogiques ont connu une dynamique ascendante favorable au développement et à la pérennite du parc.
Les échanges scientifiques avec les institutions et personnalités étrangères se sont intensifiés après 1989, ce qui a permis l'enrichissement du matériel scientifique et de la collection bibliographique grâce, notamment, aux donations en provenance d'Angleterre et de France.
Si naguère, une attention quasi exclusive a été portée à l'introduction d'espèces exotiques, il faut désormais veiller au développement et à la conservation d'espèces indigènes rares et en évidente régression afin de les retrouver dans le réseau des parcs dendrologiques et jardins botaniques; ceci dans un but de préservation du patrimoine génétique national.
 
Les lignes profondes du grand savant Roumain, le professeur Alexandru Borza, serviront de conclusion:
""Les parcs dendrologiques sont d'une très grande valeur pour la science et l'économie nationale, même si le grand public les considère encore avant tout comme des parcs ornementaux et d'agrément.
Le parc de Simeria a, depuis longtemps, accomplit cette triple mission, évoluant récemment jusqu'au niveau d'une station de recherches forestières de premier rang. Les arbres anciens y produisent un incroyable effet esthétique, associé à l'ambiance d'une forêt riparienne naturelle et aux élégants arrangements horticoles.[…] Une visite au sein de ce réservoir scientifique constitue un "magnum experimentum" fort instructif et réconfortant. Les pépinières ont été récemment agrandies permettant le renouvellement et l'enrichissement des jardins botaniques et des parcs publics avec des espèces précieuses qui pourront contribuer à la création de nouvelles forêts pour les générations futures." (1961).

Traduction et adaptation par Céline Guillouet.

 

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